
La pièce Inés Pérée et Inat Tendu, texte signé par Réjean Ducharme, est mise en scène par Frédéric Dubois au Théâtre d’Aujourd’hui. L’histoire : deux orphelins errent à la recherche d’hospitalité, exigeant d’être pris et acceptés tels qu’ils sont. Passant d’une clinique vétérinaire à un hôpital psychiatrique, puis d’une église à la demeure d’un cambrioleur, les vagabondages des deux adolescents ne sont certes pas sans péripéties. Mais les rencontres qui en résultent n’ont pas les promesses attendues, car même si plusieurs sont attendris par cette jeunesse vivante et déterminée, aucun ne veut prendre ces deux âmes en leur charge.
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...CORPS DE DÉSIRS ÉTEINTS
Deux jeunes femmes montent sur le ring. Casques et gants. Sonnette. On regarde vicieusement deux corps lutter. Nos regards n'évitent rien, ni la souffrance, ni la convulsion, ni le sang, ni cette mort qu'on espère. C'est un regard sur le corps en émulsion, sur le corps vivant donc mourant – le corps lieu de vie et de mort ; nous découvrons même ce que la peau nous préserve, le sang. On observe, jouissif et méticuleux, on en redemande presque, ces corps qui s'entrechoquent et agonisent. Quel bonheur que ce ne soient pas les nôtres. Comme on acclame ces corps souffrants, leurs torsions, ces postures expirantes, ces corps qui se métamorphosent et se meurent !
En Janvier dernier, le Théâtre La Licorne présentait pour la deuxième fois en trois ans une pièce créée par le Théâtre Qui va là en 2009 intitulée Le Nid. Cette pièce fut le premier texte commun de Sandrine Cloutier et Félix Beaulieu-Duchesneau, qui sont eux-mêmes les metteurs en scène et les interprètes. Le nid raconte l'histoire à la fois humoristique et dramatique de deux ornithologues passionnés dont la maison vient de passer au feu comme leur amour calciné. À travers les décombres et des disputes, le couple retrouve des objets qui leur remémorent leur passé, du moment où ils se sont rencontrés jusqu'à ce que la passion se détériore.
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Débauchés, infidèles de tous genres - licencieux en prime - s'agitent, gigotent trop fort Place des Arts au Théâtre du Nouveau Monde. Troisième spectacle de sa programmation. Une salle aux éclats berce la représentation et le ton historique si familier de Feydeau. On pénètre dans une machine à reculer le temps.

Si le théâtre dans ses origines gréco-latines était une observation de la cité en train de s'accomplir, qu'est-ce qui s'y accomplit en Janvier 2012 au TNM? Un revirement colossal dans le temps ? Une vétusté insensée ? L'archaïsme du spectacle a de quoi surprendre. Mais la surprise n'est peut-être pas le sentiment qui nous sidère le plus. Plutôt notre accablement devant l'académisme. J'entendais déjà en Octobre 2011, des critiqueurs initiés, sortant de certificats ou baccalauréats ou maîtrises de théâtre, acclamer L'école des femmes de Molière dans la mise en scène de Yves Desgagné pour la sauvegarde de son esprit classique, pour la démonstration de son intemporalité; vanter un texte qui n'avait pas pris une seule ride. Bon Dieu! Mais c'est bien sûr. Le TNM est un théâtre où le temps est arrêté. Rien n'y vieillit. Le 19e siècle en marche. Admettons que l'on nous prenne pour des imbéciles. La preuve est grossière. En plus de ne pas embrasser le 21e siècle, Normand Chouinard projette sa basse opinion du public. Nous sommes lourdement guidés, tenus vulgairement par la main. Non, le spectateur ne peut pas comprendre seul.
Après la récréation, deux élèves se retrouvent en pleine session de dictée, laquelle, au travers le défilement des mots, parvient à se métamorphoser en une symphonie électroacoustique.
Le Youtheatre, qui promet depuis sa fondation en 1968, « des spectacles théâtraux de grande qualité écrits par des auteurs canadiens reconnus » a permis la concrétisation du « Projet Pupitre », créé par Martin Messier et Jacques Poulin-Denis. La mise en scène est signée Michel Lefebvre.
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